L'actualité de l'US Boncourt

Tout un état d’esprit

Une page se tourne. Une autre va bientôt se rouvrir. Car la flamme pour le football brûle toujours chez Jacky Borruat.

Jacky Borruat a transmis le label du club pendant 20 ans. PHOTO GUILLAUME HENTZI

Le président de l’US Boncourt a passé la main en douceur la semaine passée, à son pote et ancien coéquipier Gilbert Goffinet. Vingt ans de service à la tête du club frontalier. Après une quinzaine d’autres sur le terrain, en très élégant meneur de jeu, quand le club dansait en première ligue. Et deux très brefs crochets à Porrentruy et à Bure comme entraîneur. Un solide dans le genre pilier fidèle. «On ne part pas comme ça, après un si long bail, sans émotions. J’ai tenté de donner une ligne de conduite, un état d’esprit, de faire partager ma passion du foot aux membres du club. Je voulais être au cœur des événements.»

«Mon plus beau cadeau»

Omniprésent sur le terrain, parmi les siens («Je suivais toutes les équipes jusqu’aux entraînements. Mon plus beau cadeau, c’est quand je pouvais aller arbitrer un match de juniors D»), Jacky Borruat a l’âme d’un médiateur. Tout le contraire d’un dictateur. On tient là le gars qui suggère la direction comme le jeu lorsqu’il l’orientait avec une rare élégance en numéro dix. «Cela a été mon seul poste, on jouait à l’ancienne, 4-3-3 classique. Professionnellement aussi, j’ai occupé une fonction de coordinateur chez Burrus (n.d.l.r.: devenu BAT) qui était faite sur mesure pour moi, je crois.»

L’homme de liaison par excellence. Sur le gazon d’abord, où il tirait les ficelles: «Je devais faire en sorte que le boulot soit fait offensivement, mais aussi défensivement par toute l’équipe.» Un œil ici, un autre là. Pour que tout soit fait et que l’équipe puis le club, en tant que dirigeant et c’est kifkif, aille de l’avant.

Pourquoi on a fait faux

Une ligne de conduite donc. «Du respect d’abord. Pour les collègues de comité, les coéquipiers, les arbitres, le jeu, cela a été mon credo. Ces quatre dernières saisons, l’US a toujours tiré des lauriers au Fair-play du cœur.»

Un état d’esprit. «Le sourire! Il est un indicateur de la santé du club. Des gars qui viennent au match et à l’entraînement avec le sourire, c’est primordial. Et qui déconnent, qui plaisantent, ça détend, ça relativise les choses et c’est hyper important.»

Une passion: «Moi, c’est clairement le jeu. Et quand j’ai commencé comme membre du comité, j’ai insisté sur l’importance d’une commission technique, c’est de là que tout part. C’est l’analyse d’un résultat, d’un match qui m’importait. Pourquoi on a fait faux, comment on peut corriger. Quand nous avons échoué en finale contre Sloga, il y a trois ans, un supporter m’avait lancé que c’était inadmissible, vu nos infrastructures, etc., etc., etc. Je lui ai répondu que si nous avions échoué, c’est que nous avions fait faux quelque part.» L’US Boncourt a retrouvé la 2e

ligue un an plus tard. Avec les sains principes du beau jeu de la maison. «C’est une de mes grandes fiertés, entre guillemets, de pouvoir convaincre des gars de venir chez nous pour le label de bon football, pour l’esprit. Et notamment les Français, juste de l’autre côté, qui ne connaissent pas ou plus le fait de se retrouver ensemble après l’effort. La buvette est devenue un espace de convivialité et j’en suis aussi très heureux.»

Pas un centime

Le travail a été conséquent. Et l’US Boncourt a dû le faire alors qu’il a perdu son parrain très apprécié, et qu’il a dû revoir son train de vie à la baisse. «Nous ne pourrons jamais dire assez notre reconnaissance pour Charles Burrus. Il y a eu un boulot de fou pour obtenir les compensations des terrains annexes avec l’arrivée de l’autoroute, la construction d’une tribune, mais cela a été un bonheur pur.»

Au passage, situation oblige, le club a décidé, il y a cinq ans, de ne plus offrir un traître euro à quiconque. Pas même en frais de déplacement? «Pas un centime! Vous souriez et je sais que 9,5 personnes sur 10 auxquelles j’affirme ça ne le croient pas. Mais c’est vrai, et vrai à 300%! Le seul petit bonus, si j’ose dire, c’est un petit souper de temps à autre, par exemple lors d’une sortie que les joueurs paient eux-mêmes.»

Un dernier rêve pour l’US Boncourt? «C’est à la nouvelle équipe qu’il reviendra de définir les lignes. Mais je ne me vois pas venir vous dire que nous devons grimper encore et viser une place tout en haut e de la 2 ligue inter dans les trois ans à venir!»

Pour Jacky Borruat, et nous avons bien saisi, l’essentiel est que l’US reste l’US.

Coups de coin

Jacky Borruat et le foot à 5 ans dans les clubs «L’horreur! On inflige du football structuré et stéréotypé à des gamins dès qu’ils savent marcher. Comment voulez-vous, à 17 ans, qu’ils n’en aient pas marre? Il y a 30 ans, les gosses s’organisaient tout seuls, faisaient leurs matches tout seuls et les leaders se révélaient tout seuls. C’était un football naturel. Il faut qu’on retrouve du bon sens.»

Le foot ajoulot tourne en rond… «D’abord parce que le tourisme footballistique est devenu effrayant. Je ne joue pas deux matches, je vais voir ailleurs. Ça voyage beaucoup. On ne peut pas avancer comme ça. Mais le football est cyclique aussi. Il n’y a pas si longtemps, Alle était en 1 ligue, Porrentruy en 2e inter. On n’y voit plus très clair en ce moment entre nos 3e, 2e et 2e

inter. Un club ajoulot en 2e inter et deux en 2e ligue, ce serait déjà bien.» Un honnête (re)début.

Il n’y a plus de Jurassiens en Super League «Ceux qui ont vraiment la volonté de trouver une filière pour arriver au haut de l’affiche y parviendront parce qu’elles existent. L’ont-ils encore? Nous avons des gars en Challenge League. Mais il faut retourner le problème: la réduction des deux plus hautes catégories du pays à dix clubs se révèle catastrophique. On travaille en haut lieu à une correction. Maintenant, si on tente d’imiter la France, l’Angleterre ou l’Allemagne, on risque fort le n’importe quoi.»

L’évolution du jeu

«On pratique plus aujourd’hui en explosivité, en réactivité, en vitesse. Je fais juste remarquer qu’avec l’US Boncourt de la 1 ligue, nous nous entraînions deux fois par semaine et nous tenions souvent mieux nos matches physiquement, sur la distance, que des clubs alémaniques qui avaient déjà passé à trois ou quatre entraînements.»

Le synthétique? «Non, je ne m’y suis pas fait. Le synthétique doit rester une solution pour s’entraîner de novembre à mars. Sinon, c’est un autre sport.»

Le 1er match en 1re ligue «J’ai raté mes deux premières passes. Directement à l’adversaire. Et j’entends encore Serge Renaud, une star de l’équipe, lancer un Ça fait ch… de jouer avec des pommes! Aujourd’hui, un jeune aurait sûrement quitté le terrain avec doigt d’honneur et tutti quanti.» Il a fait le dos rond et s’est éclaté dix ans aux commandes de l’US Boncourt. «Je me suis dit que je devais m’améliorer.»

La prochaine étape La flamme brûle toujours. Engagé sur différents fronts pour l’ensemble du foot jurassien, Jacky Borruat sera officiellement présenté comme candidat à la présidence de l’AJF par son comité en février prochain, après l’intérim assuré par Patrick Wäspe. Quand on aime… CM

 

 

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